En ce moment, au taf, je travaille avec un grand professeur d’Oxford, Le spécialiste mondial dans son domaine, le Dr Prof. Il est assez sympa, on est vachement potes, on est tous les deux adeptes de Macs et on s’échange des applis iphone, ça créé des liens, forcement !
Pour expliquer un peu le truc, être prof à Oxford c’est pas le bagne. Par exemple, Dr Prof, il appartient à un joli collège (les gens sont groupés par collèges, là bas) dont le siège est un magnifique bâtiment avec chapelle, réfectoire et cour intérieure, belle pelouse et lierre partout sur les murs… Ils se sont inspirés de ces collèges pour faire les décors d’Harry Potter, c’est dire la classe du truc. Donc notre cher Dr Prof a la vie dure, il conduit une Jaguar et son bureau, qui donne sur la jolie cour, est plus grand que mon appart, avec coin salon, cheminée, secrétaire perso, etc… Me suis vraiment plantée de carrière, moi !
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Oxford un jour radieux
Donc notre gourou scientifique, pour la modique somme de trois œufs de dodo par heure, travaille pour nous. Sauf que là où ça picote un peu, c’est que le brave monsieur ne se tue pas franchement à la tache. J’dis pas qu’il le fait exprès, il est plein de bonne volonté, mais au final, on a commencé en Septembre 2009, il était censé nous pondre 5 équations pour des modèles, et là, on n’a toujours rien… Oui, parce qu’il y a deux mois, monsieur a décidé de tout recommencer, avec une autre méthode. Soit. Comme j’ai fini par lui faire remarquer qu’il était bien mignon, mais que y’en a qui bossent ici, et comme après il partait en Chine pour 10 jours, il a dit que tout serait fini et envoyé à son retour, pour Pâques. Chic chic.
A Pâques, nada, pas de nouvelles de l’animal. J’envoie une série de 3-4 mails de demandes de signes de vie, réponse 10 jours après, il est coincé aux Etats Unis à cause du volcan fou. Soit. Les scanners, emails, pdfs, il connait pas… Puis, comme ça trainasse ferme, je renvoie des rafales d’emails à son retour, silence radio.
Je passe à l’artillerie lourde, je l’appelle à son bureau. Tous les jours. Pendant deux semaines. Il n’est pas là, sa secrétaire ne sait pas quand il réapparaitra et bizarrement, parfois il lui faut 5 bonnes minutes pour vérifier. J’appelle sur son portable, je laisse des messages… Rien.
On rigole bien au taf, ha ha ha, paye ton running gag, les gens prennent les paris à chaque coup de fil, jusqu'à ce que plus personne ne veuille parier qu’il décrochera…
Finalement, Monsieur a fini de faire l’autruche en début de semaine, et nous avons reunionné presto dès le lendemain. J’étais émue comme pas deux, j’en avais la larme à l’œil…
Et la, rhooo la blague, Dr Prof a perdu le premier quart du boulot sur son disc dur (c’est quelque part, mais j’arrive pas à le retrouver, c’est fou), a oublié les notes du deuxième quart (rhooo, ben ça alors, où qu’ils sont mes papiers), et n’a tout simplement rien fichu de la deuxième moitié de son taf.
Tain, j’étais impressionnée.
Ca arrive pas tout les jours de voir un vrai adulte qui se tortille sur sa chaise en débitant les mythos d’un môme de 12 ans qui a pas fait ses devoirs.
Par contre, c’est pas facile facile à gérer comme truc, parce que, du haut de mes 24 ans, je me vois mal sortir au vieux gourou : « Dis donc, espèce de petit coquinou, tu serais pas un peu en train de nous prendre pour des ahuris des Carpattes, par hasard… ».
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